Kingsoft Office devenu WPS : que vaut l'alternative gratuite
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Kingsoft Office devenu WPS : que vaut l'alternative gratuite

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Le nom a changé, le logiciel est resté. La suite bureautique connue pendant des années sous l’appellation Kingsoft Office se présente aujourd’hui sous celle de WPS Office, avec la même promesse : un traitement de texte, un tableur et un outil de présentation gratuits, capables d’ouvrir et d’enregistrer les formats de la suite dominante du marché. Pour un particulier qui refuse de payer un abonnement pour rédiger trois courriers par mois, ou pour un ordinateur d’appoint sur lequel installer une bureautique complète n’a pas de sens économique, la proposition mérite un examen honnête : ce qu’elle couvre réellement, ce qu’elle facture au détour, et les cas où une autre solution gratuite convient mieux.

De Kingsoft Office à WPS : ce qui a changé

Poste de travail affichant un document texte ouvert dans une suite bureautique

La suite est développée par un éditeur chinois présent sur ce marché depuis la fin des années quatre-vingt. L’ancienne appellation cohabitait avec le sigle WPS selon les régions et les versions, avant que le second ne l’emporte définitivement sur l’ensemble des plateformes. Un utilisateur qui cherche encore Kingsoft Office tombe donc sur des pages de téléchargement au nom différent, ce qui prête à confusion et pousse parfois vers des sites de récupération peu recommandables.

Le contenu fonctionnel s’articule autour de trois modules classiques, auxquels s’ajoute un lecteur de documents portables. Le traitement de texte gère styles, sommaires automatiques, suivi de modifications et publipostage. Le tableur reprend l’essentiel des fonctions courantes, formules, tableaux croisés, mise en forme conditionnelle et graphiques. L’outil de présentation propose transitions, modèles et mode présentateur. Une interface à onglets permet d’ouvrir plusieurs documents dans une même fenêtre, ce qui reste une particularité appréciée.

Deux évolutions structurent les versions récentes. La première est la disponibilité multiplateforme : le même compte donne accès à des versions Windows, macOS, Linux, Android et iOS, avec une continuité de mise en page rarement prise en défaut. La seconde tient à l’intégration d’un espace en ligne et de fonctions assistées, activées par défaut, sur lesquelles il convient de se pencher avant de laisser filer.

Ce que couvre réellement la version gratuite

Le périmètre gratuit est large et suffit à la quasi-totalité des usages domestiques. Rédiger, mettre en forme, calculer, présenter, exporter en format portable, imprimer : rien de tout cela ne demande de payer.

Trois réserves encadrent toutefois cette gratuité. La première tient à la publicité intégrée : bandeaux, fenêtres de promotion et invitations à passer à la version payante ponctuent l’utilisation, avec une fréquence qui varie selon les versions. Elles ne bloquent pas le travail mais fatiguent à l’usage.

La deuxième tient aux fonctions réservées. La conversion massive de documents, certaines opérations avancées sur les fichiers portables, la reconnaissance de texte dans une image ou l’édition collaborative en temps réel relèvent de l’offre payante, dont le montant se situe dans l’ordre de quelques dizaines d’euros par an selon les formules en cours.

La troisième tient à l’espace en ligne associé au compte. Il existe, il est modeste, et il évolue au gré des offres commerciales. Le considérer comme une solution de sauvegarde serait une erreur de raisonnement : un espace de synchronisation ne protège pas d’une suppression accidentelle propagée sur tous les appareils, comme le rappelle notre repère sur les limites du stockage en ligne gratuit.

Une quatrième réserve, plus discrète, concerne les fonctions assistées apparues récemment dans presque toutes les suites du marché. Rédaction suggérée, résumé automatique, correction reformulée : ces modules envoient le contenu du document vers un service en ligne pour le traiter. Le mécanisme n’a rien de caché, il figure dans les réglages, mais il reste activé par défaut dans plusieurs versions. Un document confidentiel, un contrat ou un dossier médical n’ont rien à faire dans ce circuit. Le réglage par défaut se vérifie donc au premier lancement, avant d’ouvrir quoi que ce soit de sensible.

Comparatif des suites bureautiques gratuites

Quatre solutions se partagent l’essentiel des usages sans abonnement. Le tableau ci-dessous les situe les unes par rapport aux autres.

SolutionInstallationFormat natifPoints fortsLimites
Suite héritée de KingsoftLocale, tous systèmesFormats MicrosoftInterface familière, mobile soignéePublicité, fonctions bridées
LibreOfficeLocale, tous systèmesFormat ouvert ODFAucune publicité, très completRendu parfois décalé en conversion
OnlyOfficeLocale ou serveurFormats MicrosoftFidélité de mise en page élevéeInstallation plus technique
Suites en ligneNavigateur seulPropriétaireCollaboration immédiateDépend de la connexion

La lecture de ce tableau dépend surtout de la question posée. Un utilisateur qui échange en permanence des documents avec des correspondants équipés de la suite dominante privilégiera une solution alignée sur ses formats. Un utilisateur autonome, attaché à l’absence de publicité et à un projet ouvert, se tournera vers la suite libre. Un usage collaboratif à plusieurs mains, sur un même document, oriente vers le navigateur.

Un point pratique complète cette comparaison : rien n’oblige à choisir une seule suite. Installer deux logiciels bureautiques sur un même poste ne pose aucun problème technique, à condition de décider lequel ouvre les documents par double clic. Cette cohabitation rend service quand un fichier récalcitrant s’affiche mal dans l’un et correctement dans l’autre, situation qui se produit deux ou trois fois par an sur un usage courant et fait gagner beaucoup de temps le jour venu.

La compatibilité avec les formats Microsoft

Tableur affiché à l’écran avec des colonnes de données et un graphique

Le sujet mérite d’être traité sans complaisance, car il décide de l’usage professionnel. L’ouverture des formats courants ne pose pas de difficulté : un document texte, un classeur ou une présentation s’affichent correctement dans l’immense majorité des cas, y compris avec leurs styles et leurs images.

Les écarts apparaissent sur trois terrains précis. Les macros complexes en premier lieu : un classeur qui embarque des automatisations écrites pour la suite dominante ne fonctionne pas de manière fiable ailleurs, quelle que soit l’alternative retenue. Les mises en page millimétrées ensuite, avec zones de texte flottantes, filigranes et en-têtes différenciés par section, où de légers décalages surviennent. Les fonctions de tableur les plus récentes enfin, dont la prise en charge suit toujours avec un temps de retard.

Une méthode de travail limite ces risques. Enregistrer dans le format attendu par le destinataire plutôt que dans le format natif de la suite. Exporter en document portable dès que la mise en page compte davantage que la modification ultérieure. Éviter les allers-retours répétés entre deux logiciels différents sur un document long, car chaque conversion ajoute sa part de dérive. Vérifier enfin le rendu final avant envoi, réflexe qui vaut d’ailleurs pour toutes les suites.

Un test de dix minutes tranche mieux que n’importe quel avis lu en ligne. Prendre les trois documents les plus représentatifs de son usage réel, le modèle de facture, le tableau de suivi annuel, la présentation utilisée en réunion, les ouvrir dans la suite candidate, puis les renvoyer au format d’origine et les rouvrir dans le logiciel du destinataire. Si rien ne bouge, la question est réglée pour de bon. Si un élément se décale, on sait exactement lequel et on choisit en connaissance de cause plutôt que sur une impression générale.

Pour un usage courant, courriers, tableaux de suivi, devoirs scolaires, comptes de copropriété, ces réserves restent théoriques. Pour un poste de travail qui manipule des classeurs automatisés reçus d’un tiers, elles sont bloquantes.

Points de vigilance avant d’installer

Quatre précautions méritent d’être prises au moment de l’installation, valables d’ailleurs pour tout logiciel gratuit.

La source du téléchargement vient en premier. Une suite bureautique populaire attire les sites de récupération qui ajoutent des programmes indésirables au fichier d’installation. Passer par le site de l’éditeur ou par la logithèque intégrée du système écarte l’essentiel du risque, sujet que détaille notre dossier sur les logiciels malveillants et leurs vecteurs.

L’installation personnalisée vient ensuite. L’assistant propose souvent d’associer tous les formats de documents, d’ajouter un module au navigateur et de lancer le programme au démarrage. Rien de tout cela n’est nécessaire, et refuser ces options laisse un système plus léger.

La question du compte utilisateur mérite réflexion. La suite fonctionne sans création de compte pour un usage local. Créer un identifiant n’apporte que la synchronisation en ligne, service qui suppose de transmettre ses documents à un tiers. L’éditeur étant une société chinoise cotée, plusieurs organisations préfèrent par principe travailler hors connexion et désactiver la synchronisation, précaution qui lève l’essentiel de la discussion sur l’hébergement des fichiers.

Le paramétrage initial ferme la marche. Désactiver les propositions commerciales, choisir le format d’enregistrement par défaut et régler la sauvegarde automatique sur un intervalle court prennent trois minutes et changent le confort quotidien.

À qui cette suite convient vraiment

Trois profils y trouvent un intérêt net. L’utilisateur occasionnel d’abord, qui rédige, imprime et archive quelques documents par mois sans jamais toucher aux fonctions avancées : l’abonnement à une suite commerciale n’a aucun sens pour cet usage. L’utilisateur mobile ensuite, qui apprécie une continuité réelle entre téléphone, tablette et ordinateur, terrain sur lequel cette suite se défend mieux que la plupart des alternatives gratuites installées localement. L’utilisateur d’un poste ancien enfin, car la suite reste sobre en ressources et fonctionne convenablement sur des machines qui peinent avec des logiciels plus lourds.

Deux profils ont intérêt à regarder ailleurs. Celui qui travaille sur des classeurs automatisés ou des documents à mise en page contrainte, pour les raisons de compatibilité déjà évoquées. Celui qui refuse toute publicité intégrée dans un outil de travail, et qu’une suite libre satisfera davantage.

Reste un conseil de méthode applicable à toute bureautique gratuite : ne jamais confondre le logiciel et les documents. Le premier se réinstalle en dix minutes, les seconds ne se retrouvent pas. Une copie régulière des fichiers de travail sur un support distinct du poste, disque externe ou espace en ligne, importe davantage que le choix de la suite elle-même. D’autres repères pratiques sur les logiciels du quotidien sont rassemblés dans nos astuces et logiciels.